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Une ressource en eau plus rare entraînant des conflits d’usage plus marqués

Des températures en hausse et un couvert neigeux en baisse conduiront à des conditions asséchantes et donc à une pression acccrue sur la ressource en eau en Auvergne-Rhône-Alpes. Ce déficit devrait toucher à terme tous les territoires, même ceux dont la ressource est aujourd’hui considérée comme abondante. La qualité des eaux pourrait également être impactée. Il convient donc, pour les acteurs de l’eau, de consolider la réflexion sur le changement climatique et de préciser les actions à mettre en œuvre, en intégrant cet enjeu dès la conception de tout nouveau projet d’installation ou d’aménagement. D’autant que les effets du changement climatique sur l’eau impacteront également les activités touristiques, l’agriculture, la sylviculture, l’industrie ou la production d’énergie.

Des ressources en eau moins abondantes

Le Rhône à Lyon (jpeg, 10 Ko)
Le Rhône à Lyon

L’Agence de l’Eau Rhône-Méditerranée Corse en 2012, et l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne en 2016-2017, ont chacun mené une étude sur les impacts du changement climatique, sur leurs bassins respectifs. Selon ces études, l’évolution des paramètres de température, d’évapotranspiration et de neige sont des signes très nets d’une tendance vers la raréfaction de la ressource en eau.

Cela se manifestera en Auvergne-Rhône-Alpes par une baisse des débits des rivières et des étiages plus intenses, plus longs, débutant plus tôt dans l’année.

En 2050, les affluents non méditerranéens du Rhône (Saône, Loue, Ognon…) perdraient 20 à 50% d’eau en été et en automne, et jusqu'à 75% en été pour l’Isère et la Durance. Dans le bassin Loire-Bretagne, la baisse du débit d’étiage pourraient atteindre -60% entre 1961-1990 et 2046-2065 sur certains bassins des Pays de la Loire.

Une pression accrue sur la qualité de l’eau et sur les écosystèmes aquatiques

La Loire vue sur les Sucs yssingelais à Monistrol-sur-Loire © Office de Tourisme des Marches du Velay
La Loire vue sur les Sucs yssingelais à Monistrol-sur-Loire © Office de Tourisme des Marches du Velay

En 30 ans, les eaux du Rhône se sont déjà réchauffées de 2°C à son embouchure en été. Le réchauffement des eaux pourrait aggraver le problème de la qualité de l’eau en favorisant le développement de bactéries et la colonisation d’algues et d’espèces invasives et/ou pathogènes. En parallèle, la capacité d’autoépuration des milieux pourrait baisser, ainsi que la capacité de dilution des cours d’eau.

L‘évolution de la température de l’eau aura également des impacts sur les écosystèmes aquatiques, en particulier sur les poissons d’eau douce. Il est prévu un déplacement des aires de répartition des poissons vers le nord et en altitude : la truite fario et le chabot, notamment, verraient leur aire régresser sévèrement. Sur la Loire, les taxons rhéophiles (vivant en milieu courant) et psychrophiles de la baisse des débits.

Des conflits d’usage accentués

La pression sur une ressource diminuée et de moindre qualité pourrait entraîner des conflits d’usage de plus en plus marqués : concurrence entre l’agriculture, la production énergétique (notamment hydroélectrique) et le tourisme. Ainsi, la tension en période d’étiage risque de s’aggraver fortement là où elle existe déjà, et apparaître sur des territoires aujourd’hui en situation de confort hydrique.

 

 

[Mise à jour : juin 2017]